Ethnographie économique : territoires et mobilités

S2, 30h, 6 ECTS (2 ECTS par journée validée)

Les trois journées d’études des jeudi 23 avril, mercredi 13 mai et lundi 8 juin 2020, intitulées Dystopies, sont publiques et se déroulent par visioconférence. Si vous souhaitez y assister, il suffit de vous inscrire auprès de florence.weber@ens.fr avec comme objet du message Journées Dystopies. Les inscriptions pour validation du séminaire sont closes.

Sauf avis contraire d’un intervenant ou d’un discutant, exposés et discussions sont enregistrés par les organisateurs. Certains de ces enregistrements sont ouverts jusqu’au 15 juin sur demande à florence.weber@ens.fr.

Journées dystopies

(ENS-CMH/LAMOP-Paris1)

Jeudi 23 avril, mercredi 13 mai et lundi 8 juin 2020, en visio, sur inscription

Comment analyser les transformations contemporaines du rapport des sociétés humaines à l’espace, c’est-à-dire aussi à leur environnement biologique et géologique ? Lors des trois journées d’études en histoire et ethnographie économiques organisées par Florence Weber (professeure à l’ENS, CMH) et Laurent Feller (professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, LAMOP), les intervenants auront à coeur d’expliciter les concepts et les méthodes qu’ils utilisent pour analyser, dans différents contextes socio-historiques, les relations entre comportements économiques et structures politiques qui déterminent les configurations socio-environnementales.

3ème journée (8 juin 2020). Nommer la crise actuelle

Matinée : Un tournant historique

9h-10h – Jean-Philippe Genet : Le rôle du climat et des épidémies dans les tournants historiques

Discussion : Elena Scioscia, Gaëlle Troadec, Nathan Paulot, Gabriel Renault

10h30-11h30 – Frédéric Keck : Les sentinelles des pandémies. Aux frontières des espèces et des territoires

Discussion : Elena Scioscia, Meng Kou, Jean-Marc Goudet, Lila Belahlou

12h-13h – Serge Paugam : L’attachement au territoire

Discussion : Soraya Douat, Justine Leret, Nathan Paulot

 Après-midi : Un programme de travail

 14h-15h30 – Travaux en cours

Nicolas Delaffon : Le cas des abeilles et du plan biodiversité de la ville de Paris. Eléments de sociologie des sciences et de leur application

Chloé Calame : Les inégalités environnementales et leurs perceptions locales

Gabriele Orlandi, Gaëlle Troadec, Meng Kou, Anne Leroy

 16h-17h30 – Conclusions et débats

Florence Weber : Questions de méthode. Élargir l’interdisciplinarité, à quelle échelle ?

Laurent Feller : Conclusions de macro-économie et d’histoire politique

Discussion générale

 

Archives du séminaire 2020

1ère journée Jeudi 23 avril 2020

Produire-Détruire : compter, évaluer, analyser

9h-10h : Laurent Feller, Florence Weber, Introduction aux Journées Dystopies

11h-12h30 : Une économie au-delà ou en deçà des contrats. Geneviève Pruvost : Comment comptent les ruraux engagés dans la construction d’un rapport alternatif aux territoires ? Le cas de la France dans les années 2010.. Agnès Gramain : Les externalités à quelle échelle ? Éléments de micro-économie. Discussion

14h-15h30 : Quelles configurations humanité/environnement ? Éléments d’histoire économique médiévale. Sylvain Burri : Comment analyser les liens entre activités humaines, paysages et modes de vie à la fin du Moyen Âge ? Davide Cristoferi : Les transformations des modes de culture dans l’Italie de la fin du Moyen-Âge : institutions, croissance et inégalités. Discussion

16h30-18h : Quelles configurations humanité/environnement ? Éléments d’ethnographie économique contemporaine. Gabriele Orlandi : Communautés, productions et savoirs. La filière laitière des Alpes italiennes entre réorganisation et politiques pour le développement. Gaspard Sénéchal : Garder un troupeau, sauvegarder la nature ? Les effets de l’incorporation de normes environnementales dans une activité productive sur les conditions et le rapport au travail des berger.e.s en activité dans un parc national. Discussion

2ème journée (13 mai 2020). Echanger et administrer : le rôle de la frontière

9h-10h30 : Le rôle économique des frontières

Caroline Dufy : L’irrésistible ascension du blé russe depuis 2000

Stéphane Latté, Simon Hupfel : Frontières de classes et classe des frontaliers. Enquête sur un territoire ouvrier argenté

Discussion : Anne Leroy, Gabriel Renault, Justine Leret, Alexandre Barbet

11h30-13h : L’organisation des marchés dans les économies antiques et médiévales

Julien Zurbach : Les péages et les économies antiques

Judicaël Petrowiste : L’espace, les pouvoirs publics et les marchés ruraux au Moyen Age

Discussion : Kou Meng, Elena Scioscia, Nathan Paulot

14h30-16h : Les transformations morphologiques contemporaines : le rôle des institutions économiques et politiques

Gaëlle Troadec : Une criée désertée. Comprendre l’émergence contrariée d’un dispositif de marché au regard des rapports entre pêcheurs hauturiers, armateurs et commerçants en Sicile

Elie Guéraut : Déclin urbain et villes moyennes. De la désindustrialisation au retrait territorial de l’Etat (1971-2020)

Discussion : Nathan Paulot, Lila Belahlou, Alexandre Barbet, Justine Leret

17h-18h30 : Famine et pauvreté. Crise alimentaire, crise économique, crise sociale

Laurent Feller, Famines et pauvreté au Moyen Âge

Olivia Vieujean et Florence Weber, La mosaïque territoriale en France au XXIe siècle, un moyen de gérer la crise sociale ?

Discussion : Anne Leroy, Kou Meng, Justine Leret, Elena Scioscia

Présentation du séminaire

Une année de recherches partagées en histoire et en ethnographie économique au LAMOP (Paris 1) et au CMH (EHESS&ENS) sur les processus d’enrichissement et d’appauvrissement des territoires à l’oeuvre au Moyen Âge et dans le monde contemporain a débouché sur l’organisation de ces rencontres entre chercheurs et étudiants, dédiées aux processus de polarisation territoriale, en lien avec les transformations des usages de l’espace peu dense, usages résidentiels, de loisirs et productifs. On s’attachera notamment cette année à la localisation de la production de produits agricoles (pêche comprise), alimentaires ou non, laissant pour 2020-2021 la question des ressources minières, souterraines et sous-marines. C’est de la destruction (ou de la préservation) de l’environnement par des activités agricoles (pêche comprise), destinée ou non à nourrir l’humanité, qu’il sera question.

Comment analyser les processus contemporains d’aggravation des inégalités territoriales (économiques, sociales et environnementales) ? Ces journées d’études se proposent de tirer un bilan des recherches qui portent sur l’espace (habité, exploité, parcouru), sur les pratiques résidentielles des individus et des familles (migrations quotidiennes ou à l’échelle d’une vie, déplacements contraints, choisis ou refusés), sur les pratiques de production et de consommation alimentaires et sur les marchés dont elles dépendent, sur l’émergence et la disparition des professions de soutien à la vie quotidienne (infrastructures, commerce, santé, éducation, services aux personnes), en comparant les transformations contemporaines avec différentes périodes de l’histoire, de façon à examiner les liens entre politiques publiques et vie quotidienne, à différentes échelles et dans différents domaines (transports, politiques sanitaires, sociales et éducatives, politiques économiques), et leurs effets (résistance, renforcement voire conséquences directes) sur la croissance exponentielle des inégalités territoriales.

L’objectif de ces journées est de faire dialoguer ethnographes et historiens soucieux de la dimension économique des phénomènes observés (microéconomie de la consommation, macroéconomie de la croissance et des crises, éconmie spatiale, géographie économique) pour les replacer dans la longue durée, le but étant d’éclairer les transformations structurelles actuelles en les rapportant à celles déjà opérées dans le passé.

On partira de l’analyse des territoires vus d’en bas en abordant les réalités vécues (mutations de l’habitat, appauvrissement et enrichissement des ménages) à l’aune de l’exposition des ménages à des externalités positives ou négatives, de l’entretien ou de la destruction de biens communs ou de biens collectifs), aussi bien de nos jours que dans des périodes anciennes, de façon à remonter la chaîne des réseaux informels et des niveaux officiels de la décision politique (ou de son absence). On cherchera à mettre en évidence ce qui se passe entre le temps très court de la conjoncture économique et de la politique électorale, et le temps très long de l’anthropocène, pour combler le fossé entre le temps géologique et le temps des biographies humaines.

Les travaux menés au cours de l’année précédente sur des marchés (marchés alimentaires, marchés fonciers) et sur des espaces touchés par les évolutions récentes (territoires ruraux confrontés au vieillissement de leur population, au départ des jeunes et à l’arrivée de nouveaux résidents ; villes petites ou moyennes ayant subi un processus de désindustrialisation ; quartiers des zones métropolitaines en cours de valorisation ou de dévalorisation), en France, en Europe et dans le monde, seront mis en perspective avec les recherches des conférenciers invités.

Renseignements : florence.weber@ens.fr, Laurent.Feller@univ-paris1.fr