Ethnographie économique : territoires et mobilités

S2, 30h, 6 ects, validable à l’ENS comme expérience transdisciplinaire

Ce séminaire organisé par Florence Weber (ENS-PSL, CMH) et Laurent Feller (Paris 1, LAMOP) est dédié à la mise en place d’une interdisciplinarité exigeante entre sciences de la nature et science des sociétés, pour analyser les enjeux environnementaux dans des sociétés passées et présentes à partir des relations qu’entretiennent les populations humaines aux territoires qu’elles habitent, qu’elles parcourent et qu’elles exploitent. Il organise depuis 2020 les Journées Dystopies.

La troisième édition des Journées Dystopies 2022 aura lieu à Jourdan, de 10h à 18h, les mardi 5 avril (salle Roncayolo), jeudi 5 mai (salle Madeleine Rebérioux) et mardi 24 mai (salle Roncayolo), en accès libre moyennant une inscription la veille avant midi.

La validation suppose une participation active et une inscription avant le 15 mars auprès de florence.weber@ens.psl.eu

La réunion de préparation du programme avec les étudiants inscrits aura lieu jeudi 17 mars de 13h30 à 15h à Jourdan (salle Marcel Roncayolo R2-05)

Le programme est en construction sur la thématique de la perception des dangers (usages, savoirs, informations), qui sera commune aux trois Journées. Il vise un dialogue pluridisciplinaire construit autour des axes de chaque Journée :

Les nuisibles

Le gouvernement des catastrophes

Toxicités

Programme à venir

 

Consulter les journées précédentes sur bbb :

https://webinaire.ehess.fr/b/web-rmn-cxj

Présentation des deux premières Journées Dystopies

Une année de recherches partagées en histoire et en ethnographie économique au LAMOP (Paris 1) et au CMH (EHESS&ENS) sur les mouvements de population et les processus d’enrichissement et d’appauvrissement des territoires, au Moyen Âge et dans le monde contemporain, a débouché sur l’organisation des Premières Journées Dystopies en 2020. Ces rencontres entre chercheurs et étudiants sont dédiées à la compréhension des dynamiques de polarisation territoriale dans le monde contemporain, en lien avec les transformations de l’environnement à différentes échelles. La coopération entre histoire économique, archéologie et ethnographie est l’une des voies les plus prometteuses pour le développement de l’interdisciplinarité entre science des sociétés et sciences de la nature.

Les archives des journées Dystopies sont disponibles sur le lien du séminaire dès le lendemain de chaque séance.

Programme de l’année 2021

Mardi 13 avril 2021 (9h-16h)

Frontières, confins et limites : mobilités et rapport au territoire

Comment analyser le double rôle des frontières dans une économie politique donnée ? D’un côté, les frontières juridiques et économiques contribuent au coût du travail, à la valeur des biens et services marchands et à l’exploitation des espaces matériels. De l’autre, les confins représentent un espace libre pour une extension ou un renouvellement des modes de production et de consommation. Que nous apprend l’histoire médiévale sur ces phénomènes ? Comment la géographie des migrations et l’anthropologie de la parenté peuvent-elles articuler méthodes d’enquête et représentations des pratiques sociales localisées ? Comment étudier dans cette double perspective un espace frontalier et agricole en grande transformation depuis 2008 ?

9h : Sylvain Burri (CNRS-Traces, Toulouse), Essartage, culture temporaire et habitat en Basse-Provence (XIIIe-XVIe siècle)

10h30 : Davide Cristoferi (Université de Gand), La Douane et son franchissement. Frontière et prélèvements, techniques de comptage et contrôle des bergers (Toscane, XIVe-XVe siècle)

13h30 : Thomas Pfirsch (UPHF, Lille), Mutation des frontières et transnationalisation de la parenté : réflexions méthodologiques à travers le cas des nouvelles migrations italiennes à Paris

15h : Florence Weber (ENS-PSL, CMH), Transformation des pratiques culturales dans une zone frontalière : le double enrichissement du Haut-Jura et ses effets sur l’environnement

Mardi 11 mai 2021 (9h-16h)

Habitats et formes résidentielles : pratiques quotidiennes et transformations de l’économie

Les sociétés contemporaines sont confrontées depuis quelques décennies à un bouleversement du rapport des individus à l’espace matériel et social : déconnexion entre sociabilités et vicinalités d’une part, délocalisation et relocalisation des activités économiques et des pratiques résidentielles d’autre part. Comment l’histoire des habitats et des formes résidentielles peut-elle aider à la mise en évidence de ces transformations dans toute leur ampleur, et à l’analyse des processus qui y conduisent ?

9h : Samuel Rufat (Université de Cergy-Pontoise), Métro, boulot, jeux vidéo : pratiques ordinaires du jeu vidéo et modes d’habiter

10h30 : Eleonora Canepari (Aix-Marseille Université), Habiter la mobilité. Travailleurs migrants et sociétés locales : un regard de longue durée

13h30 : Laurent Feller, Le village et l’histoire : les médiévistes face au problème de l’habitat

15h : Thomas Labbé (Université de Bourgogne), Catastrophes climatiques et mouvements de population (XIVe-XVIe siècle)

17h : Nicolas Ellison (EHESS), Tensions patrimoniales autour de la conservation bioculturelle. Cas nahua-totonaques autour du maïs et du territoire, Sierra Nord de Puebla (Mexique), dans le cadre du séminaire CERES Biodiversités en mouvement : perspectives socio-politiques

19h : Fin de la journée

Mardi 25 mai 2020 (9h-16h30)

Economies politiques et soucis du territoire

Le souci du territoire représente un aspect important de la stabilité des économies politiques : rendre et maintenir un territoire habitable font partie des activités indispensables à la vie humaine. Comment cette préoccupation a-t-elle été mise en oeuvre dans différentes sociétés ? Quelles en sont aujourd’hui les diverses modalités ? Quels savoirs et quelle articulation entre différents savoirs sont-ils mobilisables et comment ?

9h : Hélène Dessales (ENS-AOROC), La distribution de l’eau à Pompéi : la gestion environnementale d’une ville romaine

10h30 : Laurent Feller, L’assainissement dans les villes au Moyen Âge

13h30 : Gaspard Sénéchal (Univ. Grenoble-Alpes, PACTE), Conservation de la nature et soucis du territoire. Quels effets des politiques de l’environnement sur la (dé)valorisation symbolique des travailleur.ses agricoles ? Le cas des berger.es des Alpes françaises

15h : Justine Leret (EHESS) et Nicolas Delaffon (PSL), Comment observe-t-on la pollution de l’air ? Une enquête pluridisciplinaire en cours avec des étudiants en sciences physiques et sciences sociales à Paris

16h : Bilan et perspectives