Ethnographie économique : territoires et mobilités

S2, 30h, 6 ECTS

Ce séminaire est dédié à la mise en place d’une interdisciplinarité exigeante entre sciences de la nature et science des sociétés, pour analyser les enjeux environnementaux dans des sociétés passées et présentes. Il permet d’organiser chaque année les Journées Dystopies, en accès libre, qui ont lieu en visio depuis 2020. Merci de demander le lien à florence.weber@ens.fr, la veille de chaque journée.

Mardi 13 avril 2021 (9h-16h)

Frontières, confins et limites : mobilités et rapport au territoire

Comment analyser le double rôle des frontières dans une économie politique donnée ? D’un côté, les frontières juridiques et économiques contribuent au coût du travail, à la valeur des biens et services marchands et à l’exploitation des espaces matériels. De l’autre, les confins représentent un espace libre pour une extension ou un renouvellement des modes de production et de consommation. Que nous apprend l’histoire médiévale sur ces phénomènes ? Comment la géographie des migrations et l’anthropologie de la parenté peuvent-elles articuler méthodes d’enquête et représentations des pratiques sociales localisées ? Comment étudier dans cette double perspective un espace frontalier et agricole en grande transformation depuis 2008 ?

9h : Sylvain Burri (CNRS-Traces, Toulouse), Essartage, culture temporaire et habitat en Basse-Provence (XIIIe-XVIe siècle)

10h30 : Davide Cristoferi (Université de Gand), La Douane et son franchissement. Frontière et prélèvements, techniques de comptage et contrôle des bergers (Toscane, XIVe-XVe siècle)

13h30 :Thomas Pfirsch (UPHF, Lille), Mutation des frontières et transnationalisation de la parenté : réflexions méthodologiques à travers le cas des nouvelles migrations italiennes à Paris

15h : Florence Weber (ENS, Paris), Transformation des pratiques culturales dans une zone frontalière : le double enrichissement du Haut-Jura et ses effets sur l’environnement

Mardi 11 mai (9h-16h), programme provisoire

Habitats et formes résidentielles : pratiques quotidiennes et transformations de l’économie

Les sociétés contemporaines sont confrontées depuis quelques décennies à un bouleversement du rapport des individus à l’espace matériel et social : déconnexion entre sociabilités et vicinalités d’une part, délocalisation et relocalisation des activités économiques et des pratiques résidentielles d’autre part. Comment l’histoire des habitats et des formes résidentielles peut-elle aider à la mise en évidence de ces transformations dans toute leur ampleur, et à l’analyse des processus qui y conduisent ?

Samuel Rufat : Pratiques du jeu vidéo et nouvelles formes de déconnexion sociabilités-voisinage

Eleonora Canepari : Regards pluridisciplinaires sur les habitats mobiles ou précaires

Laurent Feller : Habitat précaire, habitat nomade durant le haut Moyen Âge

Thomas Labbé : La Bresse au XIVe siècle

 

Mardi 25 mai (9h-16h), programme provisoire

Economies politiques et soucis du territoire

Le souci du territoire représente un aspect important de la stabilité des économies politiques : rendre et maintenir un territoire habitable font partie des activités indispensables à la vie humaine. Comment cette préoccupation a-t-elle été mise en oeuvre dans différentes sociétés ? Quelles en sont aujourd’hui les diverses modalités ? Quels savoirs et quelle articulation entre différents savoirs sont-ils mobilisables et comment ?

Hélène Dessales : La distribution de l’eau à Pompéi : la gestion environnementale d’une ville romaine

Laurent Feller : L’assainissement dans les villes italiennes

Gaspard Sénéchal : Conservation de la nature et soucis du territoire. Quels effets des politiques de l’environnement sur la (dé)valorisation symbolique des travailleur.ses agricoles ? Le cas des berger.es des Alpes françaises

Justine Leret et Nicolas Delaffon : Une pédagogie de la recherche collective pluridisciplinaire, l’exemple de la qualité de l’air

Renseignements : florence.weber@ens.fr, Laurent.Feller@univ-paris1.fr

Présentation des Journées Dystopies

Une année de recherches partagées en histoire et en ethnographie économique au LAMOP (Paris 1) et au CMH (EHESS&ENS) sur les processus d’enrichissement et d’appauvrissement des territoires à l’oeuvre au Moyen Âge et dans le monde contemporain a débouché sur l’organisation des Premières Journées Dystopies en 2020. Ces rencontres entre chercheurs et étudiants sont dédiées à la compréhension des processus de polarisation territoriale dans le monde contemporain, et à leurs enjeux sur l’environnement à différentes échelles. La coopération entre histoire économique et ethnographie économique paraît particulièrement fructueuse pour réfléchir sur les conditions de possibilité de coopérations interdisciplinaires entre science des sociétés et sciences de la nature.

Les archives des journées Dystopies 2020 sont disponibles auprès de Florence Weber, ainsi que les archives de chaque journée 2021 dès le lendemain de leur tenue.