Ethnographie et outils numériques

Florence Weber, ENS, avec Jose Sastre

S1 et S2, 3 ECTS par semaine suivie. La présence sur place est obligatoire. La validation s’effectuera sur la participation aux séances et sur le rendu des exercices et documents permettant l’édition des données apportées par chacun.e.

La semaine de cours du S2 aura lieu du 16 au 20 mai 2022, à Jourdan, salle Lucy Prenant (R3-35). Le cours de S2 est ouvert indifféremment aux étudiants ayant suivi ou non le cours de S1. Il reste quelques places, contacter Florence Weber.

Les cours commencent par une journée en plénière (lundi 9h-17h30). Des ateliers collectifs (regroupant deux à trois participants travaillant sur les données de chacun.e) sont organisés le mardi après-midi, le mercredi après-midi et le jeudi matin. Une séance plénière finale aura lieu le jeudi après-midi, pour un bilan des ateliers et une présentation des enjeux de l’ouverture des données qualitatives en SHS.

Pré-requis : avoir réalisé une enquête ethnographique comportant une forte dimension inductive (les questions scientifiques émergent de l’enquête) et réflexive (questionnant la place de l’enquêteur sur le terrain et objectivant ses préjugés sociaux) pour un mémoire de recherche terminé ou en cours.

Le cours propose une réflexion sur les outils cognitifs liés à la numérisation des images et des textes à des étudiant.es apportant leurs propres matériaux issus d’enquêtes ethnographiques, menées seul.e ou à plusieurs, et désireux de réfléchir à l’édition et à la publication de ces matériaux. Quelles unités scientifiques et documentaires découper dans le journal de l’enquête et dans les documents associés (observations, entretiens informels ou enregistrés, pris en notes ou retranscrits ; photographies et prises de vue, documents récoltés) ? Dans quelle mesure peut-on séparer le plan de gestion des données de la construction de la question scientifique ? Comment mettre en forme ces données et les associer à des métadonnées génériques (sur le fonds de recherche tout entier) ou spécifiques (sur tel ou tel contexte de la rencontre ethnographique, sur tel ou tel cas permettant de répondre à la question scientifique) ? Lesquelles peut-on publier ? Lesquelles peut-on mettre à disposition de tiers autorisés, dans l’équipe de recherche elle-même ou plus tard, dans le cadre d’une revisite à des fins scientifiques ? La déontologie de l’enquête de terrain doit-elle être pensée ex ante, sur le modèle du protocole de recherche médical ou statistique, ou ex post, sur le modèle de la monographie historienne ? Comment décider du niveau de confidentialité de chaque donnée, de chaque métadonnée ?

Nous commencerons lundi matin par un retour d’expérience sur les données du stage photo-ethnographique à La Souterraine (2020-2022) avant d’élargir la discussion à l’utilisation du numérique dans d’autres recherches individuelles ou collectives. On reviendra ensuite sur les enjeux épistémologiques et déontologiques de l’édition numérique de données ethnographiques dotées de niveaux de confidentialité, et on présentera un outil en cours de développement, la suite logicielle ArchEthno. Le cours est ensuite organisé en ateliers collectifs où 2 à 3 étudiants travailleront ensemble sur les données de chacun, sur les questions de découpage, de mise en forme et de décision de niveau de confidentialité des données, posées à l’aide des principes ayant conduit à développer ArchEtho. Avant la discussion plénière des travaux des ateliers, on consacrera une séance au contexte institutionnel et scientifique bouillonnant de l’ouverture des données de la recherche dite qualitative en SHS : "aussi ouvertes que possible, aussi fermées que nécessaire".